vendredi 6 avril 2007

Arrivederci, Luigi

Luigi Comencini, 08/06/1916 - 06/04/2007
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mercredi 4 avril 2007

2 heures du mat'... Pas raisonnable. Les yeux rouges d'un albinos ayant passé trop de temps dans les salles obscures, je mets la première patte à MON blog. Ça fait tout drôle d'entrer dans le monde de la blogosphère, des djeuns tout crispés d'excitation, de ceux qui sont en prise directe sur le "monde réel", connectés 24 heures chrono. D'autant que le mien, rempli d'images, de sons, de lumières, de costumes, de vacuité, de mystères, de femmes fatales, de serial menteurs, de fabuleux hypocrites, de fabulistes extravagants ,de figures arrogantes, de bêtes de scène, de monstres sacrés... n'est qu'illusion. Il a d'ailleurs débuté son existence comme phénomène de foire, il y a un peu plus de cent ans. Il est entré dans ma vie sous la forme d'un géant découpé dans une porte. Il s'appelait John Wayne. J'avais six ans. Mes amis aujourd'hui s'appellent Terry Gilliam, Martin Scorsese, François Ozon, David Lynch... Ils m'apportent du rire, de la réflexion, de l'effroi, du plaisir et aussi, et surtout, du rêve. Mesdames et Messieurs, donnez-vous la peine d'entrer, la séance va commencer... Th. V.W.
Nous le savons, il est de bon ton de dire qu'en France et en Belgique, nous avons la mauvaise habitude de ne pas cultiver le mélange des genres, de regarder d'un oeil amusé, quand il n'est pas carrément suspicieux, un artiste s'exprimer hors de son terrain de jeu. Seulement, au contraire des artistes anglo-saxons, multifacettes par culture, les francophones nous ont rarement démontré l'inexactitude d'une telle description liminaire de leur art. C'est que chez ces gens-là, Monsieur, on ne chante pas, on ânonne. On ne vit pas son refrain, on le mâchonne. On a le sourire poli, mais le regard vide. On remet sa mèche, on sourit encore et on pose. Mais d'une façon curieusement désincarnée. C'est ça, le paradoxe moderne de l'acteur. Avez-vous remarqué à quel point les comédiens étaient de mauvais interprètes de leurs chansons ? Bien entendu, les exceptions confirment toujours la règle, mais elles ne se bousculent pas au portillon. Elles s'appellent Jeanne Balibar (Paramour), ou Gérard Darmon lorsqu'il reprend avec un plaisir complice des standards de Charles Aznavour dans le film Emmenez-moi, et ont bien compris que rien ne se démode davantage que les modes. Ainsi donc, la belle Emmanuelle Seigner a décidé (trompée, peut-être, par cet amant volage et volatile qu'est le cinéma ?) de rejoindre la cohorte des actrices qui, quand elles n'ont rien à dire se mettent à chanter... Le devoir journalistique nous pousse à vous apprendre que le disque est dans les bacs depuis le 26 mars. Pochette rosâtre. Simple. Emmanuelle (à gauche sur la photo) a rejoint pour l'occasion Pierre Emery et sa compagne Gil Lesage du groupe Ultra Orange. Les arrangements sont composés par le mixeur de Lou Reed. Ce qui ne veut rien dire. Parce que chez ces gens-là, Madame, ça s'appelle des arguments de vente. Et ça marche : les grands médias hexagonaux saluent tous l'exploit, comparant le filet vocal de la belle à un mélange délicieux de Françoise Hardy et Debbie Harry mâtiné de Velvet ! Mine boudeuse et dégaine de petite fille qui veut assurer, Emmanuelle chante gentiment dans le micro, la voix hasardeuse, sauvée par l'épure des riffs de basse d'Emery et le souvenir evanescent de l'actrice troublante qu'elle fut. Thierry Van Wayenbergh